Bilan de 2 ans et demi de vie en Angleterre

Cela fait déjà 2 ans et demi que je vis dans le sud-ouest de l’Angleterre. Il est temps d’établir un petit bilan sur certains aspects de mon quotidien anglais.

Le logement

Après avoir été propriétaire de mon logement en France et aux États-Unis, il était logique pour moi de continuer à l’être ici. Seulement, on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie. J’ai dû me heurter à la réalité du marché immobilier anglais, et encore, je n’habite pas à Londres où c’est bien pire. En effet, pour être propriétaire d’un logement décent* ici, il aurait fallu que je gagne à la lotterie. Très vite, j’ai réalisé que je n’allais jamais pouvoir avoir le « château » (ni même une aile) que je possédais aux États-Unis**.

Le prix n’était pas le seul frein à l’achat. Habituée à la productivité américaine où le client est roi, la procédure pour acheter un logement m’a un peu découragée. J’ai même trouvé les notaires français plus rigoureux que les solicitors anglais sur ce coup-là. Par exemple, la fois où j’ai fait une offre sur une maison, personne n’a été capable de me donner la superficie exacte. On me disait que ce n’était pas important de savoir combien mesurait telle ou telle pièce mais que le principal, c’était de voir si elle me semblait assez grande quand je me trouvais dedans. Pareil pour la « cabane au fond du jardin » (un petit bâtiment avec eau et électricité pouvant servir de bureau annexe), elle n’était pas déclarée en mairie et j’ai du faire les recherches moi-même pour être « dans les règles ». Je ne parle pas du survey hors de prix censé fournir en détail (selon l’option choisie) les informations sur le logement. Je crois qu’au final, je ne suis pas tombée sur les bonnes personnes.

*définition de « décent » pour moi : dans un quartier où tu n’as pas peur de marcher seule à la tombée de la nuit, dans une maison assez grande pour accueillir une famille et des animaux (pas un clapier), non mitoyenne pour se sentir vraiment chez soi, sans moquette au moins dans les pièces à vivre, et pas trop loin du supermarché le plus proche.

**mon « château » américain se situait dans une agglomération de plus de 6 millions d’habitants, faisait plus de 220m2 et valait l’équivalent de moins de 200 000€.

La vie sociale

Se faire des amis (fiables) est un point important dans la vie en général, et en expatriation en particulier. Si ma vie sociale aux States était quasi-inexistante*, j’avoue avoir trouvé ici un certain mieux et je peux échanger avec les gens pour le plaisir et non par intérêt. Bien sûr, le degré d’intimité n’atteint pas des sommets, mais c’est quand même drôlement plus appréciable que le vide intersidéral dans lequel je demeurais avant. Je sais bien que forger une amitié prend du temps mais ici, je sais au moins que je peux compter sur certaines personnes en cas de besoin.

La plupart des Anglais que je côtoie sont les parents d’élèves donc en général, les invitations et les sorties tournent autour de nos chères têtes blondes. Cependant, il m’est arrivé d’inviter ou de me faire inviter dans un cadre n’impliquant pas les enfants. J’ai aussi la chance d’avoir un voisinage sympa. Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, les Anglais restent assez réservés sur leur chez-soi et les entrevues se font généralement à l’extérieur.

*j’ai moyennement apprécié que la plupart du temps, on me contacte par intérêt (Tu peux aider ma fille pour ses cours de français? Je vais en France cet été, tu as des bons plans à me conseiller?). J’avais justement choisi de ne pas vivre dans un quartier bourré de Français pour mieux m’intégrer et malgré cela, je n’ai jamais bien compris les codes pour me faire des amis. Je me souviens d’un couple de Belges vivant dans mon quartier qui me disait être parvenu à se faire un réseau d’amis américains après des années de galère!

Le système de santé

Je ne sais pas comment se portait la National Health Service (NHS) quand je suis arrivée il y a 2 ans et demi mais je ne peux que lui conseiller d’aller se faire soigner. S’il est gratuit d’aller voir son GP (général practitioner), l’auto-médication se révèle parfois plus efficace et évite de (faire) perdre son temps. Supposé que nos ennuis de santé ne sont pas jugés graves, il ne faut pas s’attendre à un grand enthousiasme de la part de son médecin quand on le visite. Par contre, si l’on émet un doute et que l’on insiste, on est pris un peu plus au sérieux.

Comme l’accouchement de mon second enfant s’est bien passé (je rédigerai un article pour en parler), je voulais enterrer mes expériences mitigées avec la NHS et donner un retour positif sur le système, mais les derniers événements ne l’ont pas vu de cette oreille. Ma fille a développé une forme d’eczéma sur les bras (et plus tard sur les jambes mais moindre) et au bout d’un moment, j’ai voulu la faire tester pour détecter une éventuelle allergie (alimentaire? environnementale? animale?). Les crèmes hydratantes prescrites n’ayant aucun effet, j’ai du faire mes propres recherches et tenir un argumentaire pour convaincre le GP de me fournir une lettre de recommandation pour aller voir un pédiatre spécialiste des allergies. Ce combat a duré plusieurs semaines et la lettre de recommandation permettait surtout d’aller voir ce pédiatre via une consultation privée. Nous payons pour une assurance santé chaque mois, autant que cela serve à quelque chose pour une fois, d’autant qu’avec la NHS, il y a plusieurs mois d’attente pour ce genre de requête. Ni le GP, ni le pédiatre ne sont convaincus que ma fille est allergique à quoi que ce soit mais j’ai tout de même obtenu gain de cause. Soit dit en passant, l’assurance santé a refusé de parrainer ma demande et j’ai déboursé près de £200 pour la consultation privée. J’attends maintenant avec impatience les résultats de ce test.

Le Brexit

Impossible de passer à côté malheureusement. C’était plutôt un choc de se réveiller le lendemain du vote et de découvrir le vrai visage du pays que finalement, les Britanniques* avaient décidé de sortir de l’Europe (pas tous, il reste quand même quelques personnes bien en Grande-Bretagne). C’était complètement à l’opposé de l’idée que j’avais sur ce pays. On avait l’impression que le flegme britannique s’était évaporé. Quelle farce de s’apercevoir qu’en réalité, la campagne pro-Brexit était basée sur des mensonges. La danse des baltringues du gouvernement continue encore aujourd’hui car il y a des rebondissements tous les jours. Bref, je plains les électeurs qui ont voté « oui » et espère qu’ils ont pris conscience de leur erreur, mais je plains encore plus les étrangers dont la vie est devenue anxieuse depuis ce vote car ils ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés.

Je ne comprends ni ne tolère les personnes étroites d’esprit et les xénophobes (Britanniques, Français ou autre). J’ai eu la chance (oui, c’est une chance, vu l’époque à laquelle on vit) de ne jamais recevoir de propos négatifs à cause de ma nationalité. Quand on quitte son pays pour aller vivre ailleurs, on en ressort changé, plus tolérant, plus curieux en théorie. Comme on dit, « Les voyages forment la jeunesse »…

*pour un vote comme celui-là, vous pensez bien que les étrangers comme moi n’avaient pas le droit de vote. Par contre, on n’hésite pas à nous harceler pour s’inscrire sur les listes électorales et voter aux élections locales.

Conclusion

Finalement peu à dire pour cette conclusion à part que le coût de la vie reste LE problème pour profiter pleinement d’ici. Je n’habite pas dans le coin le plus pourri d’Angleterre et cela s’en ressent. Mon pouvoir d’achat et mon train de vie ont drôlement diminué par rapport aux États-Unis. Cependant, la vie y est plutôt paisible, j’ai noué quelques relations sympathiques et ma fille bénéficie d’une éducation privilégiée. Je profite des derniers mois à fond avant de me lancer dans une nouvelle aventure.

Photo : Paysage des Cotswolds (Lemondedesaufi).

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