Bilan de 7 ans de vie à l’étranger

Le mois dernier, je « fêtais » mes 7 ans de vie à l’étranger. En effet, je suis devenue officiellement « expat » en février 2011. Je m’en souviens comme si c’était hier. 7 ans de vie à l’étranger, ça implique pas mal de changements mais si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde. Ces années à l’étranger m’ont fait voir la vie autrement et dans l’ensemble, j’en tire un bilan plutôt positif.

On dit que 7 ans est une date charnière pour les couples. Celui que je forme avec la vie-ailleurs-qu’en-France n’est pas prêt de rompre. 4 et demi aux États-Unis, presque 3 ans en Angleterre, et j’en redemande puisque mon statut va passer d’expatriée à immigrante dans quelques mois. Si tout se déroule comme prévu, le pays dans lequel je pars m’installer bientôt ne sera peut-être plus un « pays étranger ».

Prémisses d’une aventure

Novembre 2010. Tout s’enchaîne très vite. Proposition de travail aux États-Unis pour monsieur, départ dans 3 mois. Il faut remplir les papiers pour les visas, vendre la maison et les voitures, faire le tri dans les affaires, chercher sur internet les bons quartiers d’une ville qu’on ne connait pas, y trouver une location qui servira de point de chute (et qui accepte les chiens), commander les billets d’avion, dire au revoir aux proches, avoir l’impression de flotter sur un nuage et de voir notre vie d’en haut sans être vraiment sûre qu’elle nous appartient et qu’on la vit vraiment.

J-1. Départ dans un hôtel proche de l’aéroport pour être certain qu’on ne va pas louper l’avion du lendemain matin. 2 adultes, un bébé et 2 chiens dans une chambre d’hôtel. Le stress que les chiens aboient trop. Le stress d’avoir oublié quelque chose. Au final, tout se passe bien.

Jour J. Dans le parking de l’aéroport, prévoir que les chiens « passent un bon vol » pendant ces longues heures dans l’avion en leur donnant des cachets cachés dans un morceau de fromage. Considérés comme des bagages, ce sont eux qui prennent le plus de temps. Après la douane et la sécurité, nous entendons notre nom raisonner dans le talkie-walkie d’un employé. Course folle engagée dans les longs couloirs de l’aéroport avec entre autres une poussette, un siège auto et un bébé. En sueur, nous montons enfin dans l’avion et cherchons notre place. L’aventure a commencé.

Relations amicales

Pour moi, l’amitié est une notion quelque peu perdue mais importante. Apprécier la personne pour ce qu’elle est, avoir confiance, ne pas juger, être présent en cas de besoin, c’est ça un ami.

ami friend

L’adage « loin des yeux, loin du cœur » résume parfaitement l’évolution de mes relations amicales après mon départ de France. Au début, on s’écrit, on se dit que l’on se manque et que l’on a hâte de se revoir, on prévoit des visites (j’ai même proposé de payer l’avion). Mais au bout du compte, chacun mène sa petite vie et les déclarations qui servent à tenir face au temps et à la distance s’estompent. Le proverbe « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse » prend alors tout son sens. Triste mais vrai. J’ai appris à lâcher prise avec (la plupart de) mes amis en France qui privilégiaient le sens unique. Ma vie continue à moi aussi.

Je le mentionnai dans un autre billet, se faire des amis aux États-Unis est très difficile et représente un travail de longue haleine. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. J’avais des tas de connaissances mais pas d’amis. Et quand je semblais avoir rencontré « les bonnes personnes », il était temps pour moi de quitter le pays. Au bout d’un moment, je me suis fait une raison. Pour ce qui est des Anglais, j’espère que certains projets aboutiront. Seul le temps le dira.

Vie professionnelle

Avant que je devienne « expat », j’avais de toute façon prévu de donner un nouveau souffle à ma carrière. Le destin a voulu que je présente ma démission non pas pour intégrer un autre poste mais pour élire domicile dans un autre pays. Et dire que la responsable de service ne croyait pas à la véritable raison de mon départ, pathétique.

Les États-Unis en particulier (et peut-être l’Amérique du Nord en général ?) sont le pays où tout est possible. On te donne ta chance, à toi de la saisir. Tu n’as jamais fait ce métier ou exercé dans cette branche ? Ce n’est pas grave, fais tes preuves. On est à mille lieues du bac+7 et des 10 ans d’expériences requis en France. J’ai apprécié ce mode de fonctionnement à l’américaine les fois où j’ai cherché (et trouvé) du travail. Il est assez facile de se faire embaucher aux States (cela dépend du domaine bien sûr), tout comme il est facile de se faire licencier (heureusement, ça ne m’est pas arrivé). Mes collègues étaient très sympas et prévenants, je n’ai pas eu à me plaindre de ce côté-là.

J’ai aussi profité de l’expatriation pour redevenir étudiante. Quand on est adulte et que l’on replonge le nez dans les bouquins, le rapport aux études est complètement différent qu’à l’époque après-lycée. J’étais très motivée à l’idée de terminer le diplôme laissé en suspens (merci les études à distance). J’ai même poussé le vice jusqu’à obtenir plus que ce que j’avais prévu de faire – petite fierté personnelle, soit dit en passant.

Voyages et point de repère

Je ne vais pas mentir, j’ai l’impression que cela fait 7 ans que je suis en vacances. Pourtant, comme je le disais à l’instant, j’ai travaillé et j’ai repris mes études, ce n’est pas comme si je passais mon temps à me tourner les pouces. Cependant, je n’ai pas l’impression de me sentir « chez moi » à l’étranger. J’ai/j’avais le sentiment qu’un jour ou l’autre, j’allais devoir revenir dans mon pays d’origine.

Quand on vit dans un autre pays, on a l’impression qu’y faire du tourisme est logique. En effet, il s’agit d’un territoire inconnu qui sort de l’ordinaire et par conséquent, on a encore plus envie de le découvrir. Je ne ressentais pas forcément cette volonté et cette magie avant, alors qu’il existe aussi des endroits sublimes en France.

Pour ma part, ayant goûté à la vie ailleurs, je me vois difficilement revenir vivre dans mon pays d’origine. Je ne retrouverai jamais ce que j’y ai connu. La vie là-bas ne s’est pas arrêtée parce que je suis partie. J’ai manqué un tas d’événements, je ne suis plus vraiment l’actualité en France. Pourtant, en tant qu’étrangère dans un autre pays, je suis fière de mes racines. Je n’hésite pas à vanter les délices culinaires par exemple, ou bien je supporte volontiers l’équipe de France lors d’un match de rugby ou de tennis.

Bisons à Yellowstone - Août 2014

Pendant ces années, j’ai eu la chance de visiter des endroits magnifiques : Yellowstone, Seattle, San Francisco, Monterey, Chicago, Austin, San Antonio, Montréal, Ottawa, Toronto, Vancouver-Calgary en road trip, ou Disneyland pour l’Amérique du Nord, et (seulement) Lake District et l’Île de Wight pour la Grande-Bretagne.

La vie à l’étranger pour moi est plutôt positive. En 7 ans, j’ai perdu des amis (en étaient-ils vraiment ?) mais j’ai connu d’autres personnes, je me suis découvert de nouvelles passions, j’ai terminé mes études, j’ai découvert de superbes endroits et (last but not least) j’ai revu mes priorités. Bref, quand tout se passe bien, vivre à l’étranger est une expérience incroyable.

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